Protéger les cours d’eau

Une démarche concertée pour améliorer la quantité et la qualité des cours d’eau.

Pourquoi ?

Un constat alarmant

Cette ressource essentielle à la vie se fait de plus en plus rare. Le territoire du SMABV n’est pas épargné et il a été constaté une baisse importante des volumes d’eau et des assecs de plus en plus fréquents et de plus en plus longs.

Afin de retrouver un équilibre entre les usages et reconnecter le lit du cours d’eau à sa nappe d’accompagnement, le SMABV met en place des travaux et sensibilise le public.

Une dégradation importante

Le diagnostic de territoire a révélé aussi que les cours d’eau sont impactés du point de vue de leur qualité.

De moins en moins de biodiversité est observée. Cela est due à de forts apports en sédiments liés à une érosion trop importante des berges.

Plusieurs raisons à cela : le manque de végétation, le piétinement des animaux, le socle géologique, les faibles débits, les espèces invasives…

Comment ?

L’Accord de Territoires des Hautes Vallées du Cher

Les travaux réalisés par le SMABV sont inscrits dans l’Accord de Territoire des Hautes Vallées du Cher 2022-2027.

Le SMABV est en partenariat avec d’autres maitres d’ouvrage : la Communauté de Communes Marche et Combraille en Aquitaine, la Communauté de Communes Creuse Grand Sud, les Conservatoires d’Espaces Naturels, la Chambre d’agriculture et le SAGE Cher Amont.
Leur cohésion permet de mettre en place des travaux de manière cohérente à l’échelle du bassin.

Une aide financière est apportée par l’Agence de l’eau Loire Bretagne, la Région Nouvelle Aquitaine et le département de la Creuse.

Et concrétement ?

La technicienne de rivière du SMABV reprend une étude préalable qui avait été réalisée avant 2022.

Commence alors une phase de terrain où elle vérifie que les zones de travaux ciblées sont toujours d’actualité. Le diagnostic est affiné. Des ajouts sont apportés d’une année sur l’autre avec de nouveaux secteurs.

La deuxième étape est la médiation : propriétaires et exploitants sont contactés. Un bilan et une budgétisation des travaux sont ensuite réalisés. Quand tous les feux sont au vert, une Commande Publique peut être lancée pour trouver les entrepreneurs. En parallèle, des dossiers de subvention sont montés auprès des financeurs.

Une fois les entreprises choisies et les fonds débloqués, les travaux peuvent commencer…

Enfin, le suivi avant/après travaux est organisé régulièrement.

Lexique

Bassin Hydrographique

Terme utilisé généralement pour désigner un grand bassin versant (exemple : bassin du Lot) ou un ensemble de grands bassins-versants (exemple : bassin Adour-Garonne).

Bassin versant

Surface d’alimentation d’un cours d’eau. Le bassin versant se définit comme l’aire de collecte de toutes les eaux qui rejoignent un même exutoire. Ses limites sont les lignes de crête, c’est à dire les reliefs qui le bordent.

Berge

Bord en surplomb du cours d’eau.

Biodiversité

Contraction des mots « biologique » et « diversité », la biodiversité représente la diversité naturelle des organismes vivants, du plus petit, comme les bactéries, au plus grand, comme la baleine bleue ou l’éléphant, mais aussi des milieux dans lesquels chacun évolue, des brins d’herbe aux océans. La biodiversité est le reflet de la richesse de la vie sur terre et joue un rôle essentiel à son équilibre : elle participe à la production de l’oxygène, au cycle de l’eau ou à celui du carbone.

Commande publique

Ensemble des contrats passés par une personne publique pour satisfaire ses besoins. C’est une notion très large qui englobe plusieurs formes de contrats tels que les marchés publics, les délégations de services publics, les contrats de partenariat public/privé. L’article premier du code des marchés publics énonce trois principes fondamentaux : « quelque soit leur montant, les marchés publics respectent les principes de liberté d’accès à la commande publique, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures ».

Cours d’eau

Article L215-7-1 du code de l’environnement. Constitue un cours d’eau, un écoulement d’eaux courantes dans un lit naturel à l’origine, alimenté par une source et présentant un débit suffisant la majeure partie de l’année. L’écoulement peut ne pas être permanent compte-tenu des conditions hydrologiques et géologiques locales.

Débit

C’est le volume d’eau qui traverse une section transversale d’un cours d’eau par unité de temps (m3/s ou litre par seconde pour les petits cours d’eau).

Étiage

Période où les eaux sont basses.

Eutrophisation

Phénomène naturel d’enrichissement progressif d’une eau en matière organique du fait de la prolifération des végétaux. Si le phénomène s’amplifie trop, la qualité d’oxygène nécessaire pour la dégradation des plantes dépasse celle présente dans l’eau, des phénomènes de fermentation se développent entraînant la mort des organismes vivants.

Hydromorphologie

Etude de la morphologie et de la dynamique des cours d’eau, et plus particulièrement, des évolutions dans l’espace et le temps de ses caractéristiques morphologiques (pente, largeur, altitude, sinuosité, granulométrie, etc.)

Lit majeur

Secteur occupé par le cours d’eau lors des très hautes eaux (crues).

Lit mineur

Secteur entre les deux berges et dans lequel s’écoule le cours d’eau.

Masse d’eau

Découpage élémentaire des milieux aquatiques destiné à être l’unité d’évaluation de la Directive Cadre Européenne (2000/60/CE)

Mise en défens

Action visant à limiter le piétinement du bétail par la mise en place de clôture.

PEP et PAPI (PEP Programmes d’Etudes préalables au PAPI Programme d’Actions de Prévention des Inondations)

Contrats entre l’Etat et des collectivités locales d’un même bassin versant qui s’engagent ensemble à mener des actions en matière de prévention des inondations.

Ripisylve

La ripisylve est la végétation qui borde les milieux aquatiques. Elle peut former un liseré étroit ou un corridor très large. Ce mot vient de “ripa” qui veut dire rive et de “sylva” qui veut dire forêt en latin. Elle est composée de plusieurs strates : arborées, arbustives et herbacées.
Elles sont constituées de peuplements particuliers en raison de la présence d’eau sur des périodes plus ou moins longues notamment les saules, aulnes ou bien d’autres encore. Cette végétation est un écosystème complexe qui est très important pour le fonctionnement des rivières.
Elle joue plusieurs rôles notamment le maintien des berges, la filtration de l’eau, l’ombrage, les caches pour les poissons. Elle est un élément important des paysages et participe pleinement à la trame verte des territoires.

SAGE

Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux. Document de planification fixant, pour un périmètre hydrographique cohérent, des objectifs généraux d’utilisation, de mise en valeur, de protection quantitative et qualitative de la ressource en eau. Le SAGE est établi par une Commission Locale de l’Eau (CLE) et est approuvé par le préfet. Il est doté d’une portée juridique car les décisions dans le domaine de l’eau doivent être compatibles avec ses dispositions. Les SAGE doivent eux-mêmes être compatibles avec le SDAGE.

SDAGE

Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux. « Institué par la loi sur l’eau de 1992, le SDAGE est un instrument de planification qui fixe pour chaque grand bassin hydrographique français les orientations fondamentales d’une gestion équilibrée de la ressource en eau, dans l’intérêt général. » (Source www.eaufrance.fr).

Sédiments

Particules transportées par le cours d’eau et déposées par gravité au fond du lit.

Station hydrométrique

Station de mesure où sont effectués des relevés sur un ou plusieurs des éléments relatifs aux cours d’eau tels que hauteur d’eau, débit, transport et dépôt de matériaux, température.

Talweg

(En Allemand « chemin de la vallée ») ligne de collecte des eaux la plus basse de la vallée. Dans une vallée drainée, le talweg est le lit du cours d’eau.

Zone d’expansion de crue

Lieu privilégié où la crue d’un cours d’eau peut s’étendre rapidement avec un très faible risque pour les personnes et pour les biens. C’est un moyen technique visant à mieux contrôler et à mieux gérer les risques de débordement pour atténuer l’impact d’une inondation dans d’autres lieux plus sensibles situés en aval.

Définition du bon état des cours d’eau

La directive cadre sur l’eau (DCE) fixe des objectifs et des méthodes pour atteindre le bon état des eaux. La DCE définit le « bon état » d’une masse d’eau de surface lorsque l’état écologique et l’état chimique de celle-ci sont au moins bons.  

L’évaluation de l’état des masses d’eau prend en compte des paramètres différents (biologiques, chimiques ou quantitatifs) suivant qu’il s’agisse d’eaux de surface (douces, saumâtres ou salées) ou d’eaux souterraines.

L’état écologique d’une masse d’eau de surface résulte de l’appréciation de la structure et du fonctionnement des écosystèmes aquatiques associés à cette masse d’eau. Il est déterminé à l’aide d’éléments de qualité : biologiques (espèces végétales et animales), hydromorphologiques et physico-chimiques, appréciés par des indicateurs (par exemple les indices invertébrés ou poissons en cours d’eau).

L’état chimique d’une masse d’eau de surface est déterminé au regard du respect des normes de qualité environnementales (NQE) via des valeurs seuils. Deux classes sont définies : bon (respect) et pas bon (non-respect).
41 substances sont contrôlées : 8 substances dites dangereuses (annexe IX de la DCE) et 33 substances prioritaires (annexe X de la DCE).

Source : Eau France.